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MOROCCO 08

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07.07.2008

A l'issue du Tour Freeride Européen, Ross Champion, Pierre Maixent et Romain Stampers sont allés s'exiler avec le crew pour une semaine de sessions inoubliables dans les vagues du sud Marocain.

A peine la deuxième manche du championnat du monde freeride ifwa terminée, Pierre nous appelle ; "on part au Maroc avec Ross et Romain, vous venez ?". Dans ce genre de moment, il ne faut pas plus de cinq secondes montre en main pour prendre la décision ; Pas d'enfants qui pleure à la maison, nous décidons de nous joindre à eux pour une semaine de session freeride dans les vagues du sud marocain.
Après avoir chargé la mule de tout le matos photo et vidéo, nous partons le lendemain à l'aube en direction de Taghazout, à environ 15 kilomètres au nord d'Agadir. Nous roulons toute la nuit à travers l'Espagne, arrivons au petit matin au port de Tarifa, pour finalement traverser le détroit de Gibraltar. Nos têtes sont déjà à moitié décomposées par cette première partie du voyage. Ross affiche comme toujours un sourire radieux, impatient d'affronter les vagues marocaines. La traversée par bateau est plutôt rapide et agréable, mais nous craignons le passage à la douane. Les formalités administratives sont toujours contraignantes à l'arrivée à Tanger. Et aucun d'entre nous n'a bien sûr fait le nécessaire pour faciliter le passage. Nous contactons alors notre ami Oussama, qui s'occupe du club de jet du roi. Pour la petite histoire, c'est lui qui avait organisé le "Trophée de la Vague" en 2001 à Rabat il y a quelques années. Le Maroc est un des el dorado du freeride, le roi lui-même en est son ambassadeur. Féru de jet depuis de nombreuses années, Mohamed VI vient d'ailleurs de paraître en couverture d'un officiel populaire marocain en saut de vague ; un peu comme si Sarkozy s'envoyait un barrel sur la couv' du dernier VSD. Bref, après ce passage en douane qui nous bloquera pas moins de deux heures, nous reprenons la route vers Agadir, avec une halte à Casablanca pour aller récupérer Romain à l'aéroport. Il se gausse bien évidemment de nos visages marqués par la fatigue, et prend le relais au volant. Les paysages deviennent bientôt beaucoup plus arides, ornés d'une teinte ocre qui définit bien les couleurs locales. Nous traversons le pays du Nord au Sud, parcourant les agglomérations de Kenitra, Rabat, Marrakech, puis Agadir. La nuit commence à tomber et la route est de plus en plus défoncée à l'approche de notre destination finale. Mais nous arrivons heureusement à Taghazout avant le lever du soleil. C'est un petit village paisible de la côte sud Marocaine, la pêche et le surf y sont les principales activités. Ce sera notre camp de base pour la semaine à venir.

C'est le bruit des vagues qui nous réveille le lendemain matin. Quelle ne fût pas notre surprise de découvrir que nous logeons quasiment les pieds dans l'eau. La maison se situe à Anchor Point, sur une des plus fameuses vague du Maroc. La jetée est à peine à quelques mètres de notre palier, le panard ! Premier réflexe de Ross qui est toujours le premier levé, aller jeter un œil sur les vagues. Après que tout le monde ait bien émergé, nous partons à Agadir faire quelques provisions et checker les spots alentours. Pierre connaît bien le coin pour y avoir déjà surfé, cela nous évitera les mauvaises surprises. Une première session s'improvise finalement à Anchor Point, devant la maison. Une peuplade d'autochtones vient bientôt se masser aux alentours pour admirer le show. Dommage qu'il y ait eu autant de surfeurs ce jour là, nos trois freeriders on dû se contenter de la gauche du spot, moins propice pour envoyer du steack. Mais le spectacle est de taille et c'est une pluie d'applaudissements au moindre saut. La session se poursuivra à Killer Point, quelques centaines de mètres plus au nord ; Cette vague doit son nom aux orques (Killer Whales) qu'on peut apercevoir de temps en temps dans la zone. Un des meilleurs breaks de la région. Une session qui durera jusqu'au coucher du soleil, pour une première journée déjà bien remplie.
Le lendemain, nous sommes réveillés par un concours de flatulences orchestré par Fly, MX100 et le Stamps, la gastronomie locale n'a pas son pareil. Nous partons de bonne heure sur la plage touristique de Taghazout, où Blondin (parti en avion une journée après nous) nous rejoindra finalement. C'est une droite tubulaire sur fond de sable et rochers juste à l'entrée du village. Des chameaux se baladent allègrement sur la plage, l'occasion rêvée de s'improviser un petit ride d'échauffement avant la session. Mais le run tournera court, Romain nous refait le même coup du week-end passé lors de sa victoire en Espagne ; Il se déboîte une nouvelle fois l'épaule et devra abandonner sa monture. Les vagues sont de petites tailles mais nos freeriders s'éclatent quand même, et nous aurons l'occasion de ramener de bonnes images aquatiques. Après un bon gueuleton au village, la troupe remballe le matos pour aller mécaniquer à la maison. La fin de journée approche, mais nos potes iront quand même s'enquiller une dernière session sur fond de coucher de soleil. Le soir nous irons nous jeter un gueuleton bien mérité au village voisin. Du tagine au citron, rien de tel avant la journée du lendemain qui s'annonce également très chargée.

Un réveil difficile mais tout le monde est motivé à ramener encore de l'image qui pique les yeux. Les vagues à Anchor Point ont énormément baissé ces dernières heures, nous prenons la décision de partir à Tamri, un spot à une trentaine de kilomètres. L'endroit est réputé pour avoir des vagues quand les autres spots sont au calme plat. C'est un long beach break droite et gauche, parfait pour les images. Arrivés sur place, nous découvrons une immense plage de sable déserte, avec une poignée de surfers sur la gauche du spot, laissant place à des centaines de mètres pour s'envoyer une méga session. Avant de partir à l'eau, nous irons nous remplir la panse dans un petit resto local qui nous servira un petit déj de roi, composé de multiples sirops et épices locales, un régal. Nous sommes subjugués de la qualité du festin, surtout Ross qui en gardera un souvenir impérissable. Après quelques échauffements rapides sur la plage, c'est reparti pour un tour. Là encore, un show de toute première vient illuminer nos objectifs, même les surfers sortent de l'eau pour venir admirer les jet skieurs. Fly nage au milieu des tricks, sa caméra n'en perd pas une miette. Ils lui tournent autour et envoient du barrel au dessus de sa tête, un régal que Blondin immortalise de son côté sur la plage. Après deux bonnes heures à rider non stop, il n'est pas si tard et nous décidons de partir à Essaouira, une ville portuaire réputée chez les funboarders et kite surfers. Nous savons que le programme est court alors il faut en profiter. La route est longue, mais au final nous en reviendrons sûrement ravis. Effectivement, après plusieurs heures de route, jonchée de magnifiques paysages, nous arrivons enfin à Essaouira. Le temps s'est couvert, une fine brune stagne sur le port, renforçant le charme de cette ville côtière. Nous visitons les remparts de la cité, traversons les petites rues étroites en dégustant les fameux gâteaux locaux dont Pierre nous avait tant parlé, bon trip. Quelques achats souvenirs et hop, il faut rentrer au bercail car le retour sera long jusqu'à Taghazout.

Le dimanche, les conditions de ride n'étant pas favorables, on organise un briefing rapide pour savoir comment combler les prochaines heures. Ce sera donc séances photos lifestyle et interviews dans les ruines pittoresques qui bordent la plage. Le soleil commence à taper très fort. En fin d'après-midi, tout le monde se met à l'eau pour une ultime session mémorable, jusqu'au coucher du soleil. Les marocains venus passer le week-end dans le coin, profitent du spectacle sur fond d'ambiance grillades sur les rochers, après avoir pêché le poisson sur place bien sûr. Même les surfers, maintenant habitués à leurs nouveaux voisins, se font plus nombreux aux alentours du spot. Encore une magnifique journée, qui se terminera par un gros apéro collectif le soir. Ross nous fait savoir qu'il sera debout au lever du soleil, afin de rider Anchor Point une dernière fois, et ce avant que les premiers surfers ne pointent le nez de leur board. Qu'à cela ne tienne, nous serons également sur pieds. La lumière est inexistante et le soleil n'a pas encore fait son apparition que Ross est déjà à l'eau. Nous émergeons chacun notre tour au son de ses coups de turbine. Pierre le rejoint quelques minutes plus tard, suivi de Fly qui a enfin troqué sa caméra contre son jet. Big roller, re entry, surf radical et flips variés que s'échangent les trois riders jusqu'à épuisement de leur réservoir. Mais l'heure du départ approche déjà et il est temps de boucler les paquetages. La route du retour sera longue, très longue. Tout le monde est maintenant paré, c'est reparti pour deux mille cinq cent bornes. Nous traversons plusieurs villages berbères pittoresques, où le commerce de proximité et l'agriculture du pays tournent à bloc. Nous entamons une partie des montagnes de l'atlas qui surplombent les vastes steppes marocaines, le dépaysement est total. Les marocains qui jonchent le bord des routes vendant les produits de leurs récoltent, pendant que leurs chèvres montent carrément dans les arbres pour y déguster les feuilles, impressionnant. Première halte à Oued Tamanar pour refaire les pleins des camions, et des gosiers. Nous reprenons notre route, interminable, sur des kilomètres qui n'en finissent pas, et où il n'y a rien, pas âme qui vive. Juste un marocain en jellabah par ci par là. Mieux vaut ne pas tomber en panne d'essence dans ces endroits là, à moins d'être au volant d'une citerne d'eau fraîche. La chaleur est étouffante, mais personne ne se plaint, c'est ce que nous sommes venus chercher. Nous passons d'autres villages sympas, comme celui de Chichaoua, croisement de la province du même nom, et passage obligé pour aller à Agadir, Essaouira, Marrakech ou encore Safi. Mais pas le temps de s'arrêter faire des emplettes. Nous roulons toujours en direction de Tanger où le bateau nous attend au lever du jour. Une dernière halte s'impose à Marrakech, où nous trouvons un Mac Do au beau milieu de la ville. Le contraste est plutôt bizarre de s'envoyer du big mac au sein de cette mégalopole nord africaine. L'approche de Tanger nous éloigne de plus en plus de notre petit paradis. Nous arrivons au port au beau milieu de la nuit, tombant littéralement de fatigue. Le retour en bateau sera agréable mais néanmoins nostalgique. Il n'en restera que des souvenirs impérissables, gravés à jamais dans nos mémoires comme un des plus beaux trips jet réalisé à ce jour.

By Mouvax

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